Soyons clairs : tout ce que vous devez savoir sur IPv6

17.08.2017

Notre petit pays est en tête de l'adoption du nouveau protocole Internet IPv6 : en juillet, 37,3% du trafic Internet belge sont passés par IPv6. Mais qu'est-ce exactement que IPv6, et à quoi cela sert-il ?

Qu'est-ce que IPv6 ? Que manquait-il à IPv4 pour nous devions en changer ?

On dénombre des millions d'ordinateurs et d'imprimantes, de caméras et d'appareils mobiles, de dispositifs domotiques connectés à Internet. Pour communiquer, tous utilisent un langage commun : l'Internet Protocol (IP). Chaque appareil connecté se voit attribuer une adresse IP, qui l'identifie sur le réseau. C'est ainsi que les routeurs d'Internet savent où ils doivent acheminer le paquet de données que vous lâchez sur le réseau.

Depuis les années 80, on utilisait IPv4, la quatrième génération du protocole Internet. Dans cette version, l'adresse revêt la forme d'un nombre binaire en 32 bits. Pour la facilité de l'être humain, elle est convertie en quatre groupes de chiffres (appelés octets), chaque groupe pouvant aller de 0 à 255, séparés par un point, par exemple 198.51.100.0.

Cette combinaison autorise 4,3 milliards d'adresses IP uniques, ce qui suffisait naturellement à combler les besoins au début d'Internet. Aujourd'hui, cependant, le nombre d'appareils reliés à Internet a explosé. Caméras, réfrigérateurs, téléviseurs, assistants intelligents comme Amazon Echo ou Google Home… tous ont besoin d'une adresse IP. La pénurie d'adresses en IPv4 approchait dangereusement. Le IETF, organisme chargé de la standardisation sur Internet, avait cependant anticipé. Peu avant le changement de siècle, il commençait déjà à mettre au point une nouvelle version de l'Internet Protocol, intitulée IPv6.

Les adresses IPv6 se composent de 128 bits. Ici encore, dans un souci de lisibilité, une adresse se présente sous la forme de 8 groupes de 4 chiffres hexadécimaux au maximum, séparés par un double point. Voici un exemple d'adresse IPv6 : 2001:0db8:85a3:0000:1319:8a2e:0370:7344

Le nombre d'adresses Internet possibles est à présent beaucoup plus important : 2 à la 128e puissance, pour être précis, autrement dit un sextillion ou un nombre avec 40 zéros ! Cela devrait permettre d'attribuer une adresse IP à chaque appareil connecté à Internet pendant un certain temps encore...

Quelles sont les différences entre IPv4 et IPv6 ?

La première est naturellement que dans les prochaines années, IPv6 va largement absorber la demande de nouvelles adresses IP. La nouvelle version présente aussi des avantages pour les ISP et les gestionnaires de réseaux : meilleur multicast routing, format de header plus simple, routage plus efficace, possibilité d'offrir une vraie qualité de service, identification intégrée, administration facilitée, etc.

En langage courant, vous avez normalement besoin d'une seule adresse IP, celle qui relie votre routeur à votre ISP. À son tour, le routeur attribue des adresses IP privées à tous les appareils qui lui sont reliés dans votre maison ; cela l'oblige à surveiller constamment la destination (quel appareil) de chaque paquet de données. Il faut aussi que les adresses IP privées internes soient converties en une adresse IPv4 publique. L'opération n'est pas très efficace et ajoute à la complexité.

Avec IPv6, en revanche, le stock d'adresses est plus que suffisant pour donner en standard à chaque appareil une adresse IPv6 publique unique. C'est bien plus simple. Voilà un problème qui appartient au passé.

Que dois-je faire pour bénéficier de IPv6 ?

En un mot comme en cent : rien. Ces dernières années, le déploiement de IPv6 s'est fait discrètement, en arrière-plan. Il y a de fortes chances pour que vous surfiez déjà en IPv6.
 Concrètement, pour utiliser IPv6, voici de quoi vous avez besoin :

  • Un système d'exploitation compatible IPv6 : la plupart d'entre eux le sont depuis un certain temps. Le SE Windows supporte IPv6 depuis Vista. Ce n'est pas le cas de Windows XP, mais honnêtement, pour des raisons de sécurité, mieux vaut ne plus recourir à ce système. Toutes les versions modernes de Mac OS X et Linux prennent en charge IPv6.
  • Un routeur avec support IPv6 : la plupart des routeurs sont compatibles depuis 2012, surtout les routeurs fournis par les ISP eux-mêmes pour les nouveaux raccordements.
  • Un Internet Service Provider qui a activé IPv6. À cet égard, nous n'avons pas à nous plaindre en Belgique : nos providers sont les champions de IPv6.

D'après les chiffres d'Akamai pour juillet 2017, la Belgique est avec 37,3% seule en tête de l'adoption du protocole IPv6, suivie à quelque distance de la Grèce (27,9%) et des États-Unis (24,8%). Si nous examinons les statistiques par fournisseur, Telenet domine avec 66,7%, devant Belgacom Skynet (41%). (Mais ces derniers chiffres ne sont basés que sur le nombre de demandes IPv6 adressées à Akamai).

Autrement dit, selon toute probabilité, vous êtes déjà relié à Internet en IPv6. C'est une bonne chose, car à terme, de plus en plus de sites web vont devenir « IPv6 only » : on ne pourra plus y accéder en IPv4. Vous êtes prêt à affronter l'avenir !

Vous ne savez pas si vous avez déjà IPv6 ? Faites le test sur TestMyIPv6.

Il est rassurant de savoir que les organismes compétents ont travaillé en coulisses pour garantir la robustesse d'Internet. C'est grâce à eux que nous ne devons pas nous soucier d'un prochain épuisement des adresses IPv4. Cette vaste opération qu'est la transition à IPv6 se fait sans hiatus. Nous n'y voyons que du feu. Dormons tranquilles : Internet sera encore là dans quelques années !

 

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